Pour la région Atlantique
Tonte de la pelouse
- Tondez la pelouse à une hauteur de 6,5 à 7,5 cm (de 2,5 à 3 po).
- Règle de 1/3 – ne coupez pas plus de 1/3 de la longueur des brins d’herbe à chaque tonte.
- Gardez vote lame de tondeuse bien aiguisée – aiguisez-la une ou deux fois par saison; attention à la sécurité : (débranchez la bougie d’allumage et utilisez des gants)!
Explication : Ces étapes simples pour la tonte de la pelouse donneront une pelouse plus forte et des racines plus profondes. Cela signifie moins d’arrosage, une meilleure résistance aux insectes et une meilleure élimination des mauvaises herbes. De plus, elles facilitent le travail de la tondeuse, produiront moins de résidus d’herbe (qui peuvent être laissés au sol) et économiseront l’essence.
Laissez les résidus de gazon au sol
- N’enlevez pas les résidus de gazon du sol.
Explication : Les résidus de gazon constituent un engrais naturel à action lente parfaitement équilibré qui ne pollue pas. En laissant les résidus de gazon au sol, vous économisez de l’essence en plus de réduire la main-d’œuvre et l’enfouissement et d’améliorer la structure et la santé du sol. Les résidus de gazon peuvent réduire de 50 % la quantité d’engrais à acheter.
Chaulage
- Un pH de sol de 6,5 est idéal.
- Faites analyser votre sol (tous les trois ans quand vous connaissez déjà son pH).
- Appliquez de la chaux n’importe quand durant la saison de croissance.
- Entretien (0,5 kg de chaux par application de 0,5 kg d’engrais).
Explication : La chaux conditionne le sol et améliore la croissance, la santé et la vigueur de la pelouse. Les brins d’herbe poussent mieux dans un sol où le pH est plus neutre en raison de l’activité microbienne du sol améliorée (usine de transformation de nourriture de la nature) et de l’efficacité de l’engrais (meilleure absorption par les plantes). Lorsque le pH est approprié, il y moins de risque de perdre les éléments nutritifs ajoutés, et moins de chaume s’accumule. La chaux est un produit entièrement naturel (pierre à chaux broyée). La chaux en granules est plus facile à appliquer et agit plus vite. Les engrais contenant de l’azote diminuent le pH du sol et nécessitent l’ajout de chaux. Lorsque le niveau de pH du sol est ajusté à 6,5, on peut le maintenir en ajoutant une livre (0,5 kg) de chaux par livre (0,5 kg) d’engrais appliqué.
Fertilisation et engrais
- Ne fertilisez votre pelouse que lorsque qu’elle est en pleine croissance.
- Idéalement, il faut la fertiliser à la mi-juin et en septembre.
- Utilisez des engrais à base organique et à action lente ou des engrais entièrement organiques.
- L’application d’azote à raison de 0,5kg par 100 mètres carrés (1,0 lb/1000 pied carré) par saison est adéquate.
Explication : Allez-y doucement! L’azote, qui correspond au premier chiffre sur le sac d’engrais, constitue le stimulateur de croissance de la pelouse (plus vous lui donnez d’azote, plus votre pelouse croîtra rapidement). Chaque année, toute pelouse a besoin d’azote. Souvent, il suffit d’une livre (0,5 kg) par 1000 pieds carrés (100 mètres carrés) par saison pour une pelouse en santé qui pousse sur une bonne surface de terre. La pelouse qui pousse sur une surface de terre médiocre (moins de 18 po – 45 cm) nécessitera plus d’engrais – jusqu’à trois livres (1,5 kg) par 1000 pieds carrés (100 mètres carrés).
Qu’en est-il des deux autres éléments de l’engrais : le phosphate (P) et la potasse (K), qui correspondent aux second et troisième chiffres du sac d’engrais? Ils restent dans le sol et sont recyclés sauf si on les enlève avec les résidus. Des quantités moyennes (déterminées par des analyses du sol) se sont révélées efficaces pour la croissance d’une pelouse en santé. À ce titre, la plupart des engrais possèdent uniquement de faibles quantités de P et de K. Un rapport de 4-1-1 est idéal. Il faut faire attention et n’appliquer l’engrais que sur la pelouse. L’engrais qui tombe dans les rues, sur les trottoirs et dans les entrées constitue du gaspillage et peut polluer les cours d’eau et les rivières.
Les engrais à action lente et véritablement organiques favorisent la croissance équilibrée et durable de la pelouse. De plus, ils sont plus écologiques et risquent moins de se volatiliser (s’échapper dans l’air) et de se lixivier dans l’eau souterraine.
Les petits trèfles blancs distribués uniformément dans la pelouse fournissent assez d’azote pour alimenter la pelouse de manière naturelle si on y laisse les résidus de coupe. À titre de légumineuse spécialisée, le trèfle a la capacité de capter l’azote de l’air, de l’ingérer et de le libérer dans le sol.
La mi-septembre est l’époque idéale pour fertiliser la pelouse. À cette époque, la plupart des éléments nutritifs appliqués servent à renforcer la santé des racines et des couronnes, ce qui donne des plantes généralement plus en santé. Les éléments nutritifs stockés et l’énergie seront alors utilisés plus efficacement et favoriseront le regain plus rapide sans faire croître de manière excessive les parties supérieures des plantes. La mi-juin, après la baisse de la croissance du printemps, est la seconde période de fertilisation la plus efficace.
En fait, la fertilisation effectuée au début du printemps, au milieu de l’été et tard l’automne peut gaspiller l’azote — puisqu’elle peut se lixivier au-delà des racines ou s’évaporer (se volatiliser) dans l’air. La fertilisation tôt le printemps augmente la fréquence de tonte, crée des résidus excessifs, gaspille l’énergie et peut même affaiblir la pelouse.
Du point de vue de l’environnement, le choix du moment de l’application est moins critique dans le cas de produits entièrement organiques, parce que l’azote se libère seulement lorsque l’herbe pousse — de sorte que l’herbe la capte en entier.
Arrosage
- Non nécessaire dans le cas de pelouses en santé et durables.
- De 1,5 à 2,5 cm (0,5 – 1 pouce) par semaine.
- Arrosez la pelouse et non la rue ou le trottoir!
Explication : Les pelouses bien établies (comportant une base profonde et non limitée) demeurent vertes sans arrosage additionnel. Les pelouses qui brunissent au milieu de l’été sont correctes. Elles reverdiront à l’automne sauf si elles ont été soumises à du stress (fertilisation en été, tonte trop rase).
La méthode la plus écologique consiste à ne pas arroser la pelouse. Tout propriétaire relativement respectueux de l’environnement se contentera d’arroser la pelouse pour en conserver la verdeur (1,25 cm ou _ po par semaine, un seul arrosage pour que l’eau pénètre en profondeur) s’il ne pleut pas. Pour mesurer l’arrosage, il suffit de placer une boîte de sardines vide dans le milieu de la surface arrosée. L’application de 2,5 cm ou de 1 po d’eau par semaine mesurée à l’aide d’une boîte de thon vide assurera la croissance vigoureuse de la pelouse dans notre climat. Si la nature fournit l’eau nécessaire, réduisez l’arrosage en conséquence.
L’arrosage effectué tôt le matin réduira la perte causée par l’évaporation. Et limitez-vous à arroser la pelouse, non pas la rue, le trottoir ou l’entrée. L’eau est une ressource précieuse que vous devez utiliser judicieusement!
Aération
Au besoin :
- Une fois par année
- La pénétration en profondeur des dents donne de meilleurs résultats.
Explication : Normalement, il n’est pas nécessaire d’aérer les pelouses en santé. L’aération peut aider à soulager les problèmes, comme aider à décomposer une épaisse couche de chaume en mettant de la terre sur la surface. L’aération peut également améliorer les résultats du sursemis et du terreautage en faisant pénétrer les matières organiques et les graines près des racines.
Pour la plupart des pelouses du Canada atlantique, le compactage ne pose pas de problème. L’hiver s’en charge. Le cycle de gel et de dégel de la nature fait un excellent travail de décompactage – si nous nous abstenons de marcher sur la pelouse avant qu’elle ne soit sèche (jusqu’à ce que l’odeur acre et la sensation spongieuse disparaissent). C’est ce qui explique la présence de ventres de bœuf sur les routes et les restrictions de poids sur ces routes! Les vers de terre et les microbes aident également à ouvrir la terre.
La gestion du chaume
- Corrigez le pH du sol pour qu’il soit de 6,5.
- Réduisez les applications d’engrais (de 0,5 à 1,0 kg d’azote par 100 mètres carrés ou de 1 à 2 livres par 1000 pieds carrés) par saison.
- Terreautez avec un bon compost.
- Réduisez les applications de pesticide
Explication : Le chaume est créé par la décomposition des grosses parties des brins d’herbe (tiges) et il constitue une partie naturelle du cycle de fertilisation. (La couche foncée à la surface du sol sur l’image de droite est du chaume.) Les résidus des feuilles se décomposent rapidement et ne s’ajoutent normalement pas au chaume. Le chaume excédentaire — plus de 0,75 po (1,75 cm) — est causé par de mauvaises pratiques de gestion ou d’établissement qui suppriment la vie du sol et la décomposition naturelle du chaume.
Un pH faible, des quantités élevées d’engrais, des applications fréquentes d’insecticide, un mauvais drainage et le compactage sont tous des facteurs qui contribuent à la formation de chaume. Si l’on corrige les trois premiers problèmes, au bout de deux ou trois ans, il n’y aura plus de chaume. Le terreautage à l’aide d’un bon compost actif aidera également. Le compost décompose les bons éléments nutritifs et matières organiques du chaume et les fait pénétrer dans le sol.
En général, il n’est pas nécessaire de déchaumer si l’on utilise un programme de gestion de la pelouse efficace.
La gestion des mauvaises herbes
- Certaines mauvaises herbes sont bonnes.
- Le désherbage manuel est efficace (et constitue un bon exercice)!
- Une pelouse en santé peut réduire les mauvaises herbes.
Explication : Une pelouse exempte de mauvaises herbes est un concept artificiel dans la nature qui demande beaucoup d’énergie. Des recherches ont démontré que la plupart des gens estiment que leur pelouse est exempte de mauvaises herbes alors qu’elle contient effectivement jusqu’à 10 % de dicotylédones à feuilles plus petites (trèfle, mouron des oiseaux). La présence de 50 % de dicotylédones (biodiversité) peut être attrayante si l’on tond la pelouse régulièrement.
Ces photos, qui ont été prises au château de Windsor, montrent l’attrayante couleur uniforme de la pelouse européenne. Le vert plus pâle est le résultat de la fertilisation minimale. La photo de droite montre la biodiversité présente à l’endroit où se trouve le chapeau dans la photo du centre — 30 % ou plus de dicotylédones, du trèfle en grande partie.
Une pelouse biodiversifiée nécessite moins d’arrosage pour demeurer verte durant l’été, exige moins d’engrais et tolère mieux les populations plus importantes de pucerons sans dommages visibles.
Si la santé de la pelouse est améliorée (bon pH, bonne coupe), les brins d’herbe deviennent plus denses et plus vigoureux. Ils sont capables d’étouffer les mauvaises herbes et d’empêcher la germination de nouvelles mauvaises herbes. L’application occasionnelle d’herbicide éliminera pratiquement toutes les mauvaises herbes de la pelouse. Dans cette photo, la pelouse en santé de gauche demeure pratiquement exempte de mauvaises herbes trois ans après son installation — la pelouse épaisse empêche la germination des graines des mauvaises herbes.
Si l’on utilise des herbicides pour tuer les herbes indésirables, il est important de tenir compte du temps choisi pour le faire. L’herbicide a de meilleurs résultats lorsque la pelouse et les mauvaises herbes sont en pleine croissance au printemps et à l’automne. Appliquez l’herbicide sur les plantes avant leur floraison et la production de graines (en particulier les pissenlits — l’arrosage de pesticide après l’apparition des fleurs garantit une nouvelle récolte). Le désherbage manuel à l’aide d’outils simples a fait ses preuves. Il est aussi efficace et économique pour éliminer les grosses plantes comme les pissenlits s’ils couvrent moins de 10 % de la pelouse.
La gestion des insectes
- Les pelouses biodiversifiées résistent mieux aux insectes.
- Réduisez la quantité d’engrais utilisée.
- Arrosez les secteurs secs en juin et juillet.
- Pucerons — au besoin, de la mi-juillet à la mi-août, effectuez un traitement local avec de l’insecticide.
Explication: La plupart des insectes sont bénéfiques dans un écosystème équilibré et en santé. Ils aident à recycler la matière organique qu’ils réinjectent dans le sol, ce qui fertilise les plantes. Les pucerons, les parasites les plus courants au Canada atlantique, ne sont malheureusement pas très utiles et peuvent parfois causer des dommages importants. Toutefois, une pelouse biodiversifiée peut tolérer un grand nombre de pucerons (on a dénombré jusqu’à 1200 pucerons par pied carré ou 0,1 mètre carré sans dommages visibles). Il s’agit d’un nombre nettement supérieur à ce que l’on croyait sécuritaire pour la pelouse. On a remarqué que les pelouses plus vieilles, établies avant 1940 (avant la Deuxième Guerre mondiale), étaient moins touchées par les pucerons. On croit que cela s’explique par la plus grande quantité d’humidité dans la zone des racines non perturbée qui empêche l’herbe de subir du stress.
Il est reconnu que les pucerons aiment à se réunir dans des endroits chauds – des endroits ensoleillés et secs et des pentes ensoleillées. Garder ces endroits sensibles humides de la mi-juin et la mi-juillet empêchera les dommages des insectes en plus d’améliorer la santé de la pelouse et d’encourager les pathogènes fongiques naturels.
Les pelouses trop fertilisées sont plus attrayantes pour les pucerons et plus vulnérables aux dommages.
S’il faut utiliser des insecticides, le meilleur temps pour le faire est lorsque les pucerons sont encore en phase immature (les nymphes immatures sont de couleur rouge orangé) avant de devenir adultes. Dans la région atlantique, cette phase s’étend de la mi-juillet à la mi-août.
Terreautage et sursemis
- Le compost aidera à réduire le chaume.
- L’ensemencement aidera à couvrir les espaces dénudés et minces.
- Les graines doivent toucher le sol pour s’établir.
- Les semoirs mécaniques et l’aération peuvent être utiles.
Explication : Le terreautage désigne l’application d’une couche de compost et/ou de terre à une pelouse existante; le sursemis désigne l’épandage de graines sur une pelouse existante. Ces pratiques peuvent aider à épaissir l’herbe dans les zones où l’herbe est peu abondante et faire pousser de nouvelles variétés de plantes sur la pelouse.
Le terreautage à l’aide d’un bon compost est bénéfique. Les composts doivent être uniformes, en poudre ou en granules, et doivent être appliqués efficacement à l’aide de semoirs mécaniques classiques. Si non, il faut l’appliquer à la main et utiliser au besoin le râteau. On peut mettre du compost et du terreau n’importe quand durant la saison.
Quand on fait le sursemis, les graines doivent venir en contact avec le sol sous-jacent pour permettre la germination et l’enracinement. Une humidité constante est essentielle pendant six à huit semaines, soit jusqu’à ce que l’herbe se soit établie. On recommande de sursemer tôt au printemps ou à l’automne afin de profiter des averses de pluie. Des machines commerciales comme les semoirs coupeurs aident à placer correctement les graines sur le sol. Un aérateur mécanique peut également aider à améliorer le contact entre les graines et le sol. Des outils manuels comme une fourche à bêcher sont efficaces pour les petites surfaces.
Les graines doivent avoir un bon contact avec le sol et il doit y avoir une humidité constante pour qu’elles survivent et poussent.
Les espèces d’herbe permanentes communes des pelouses de la région atlantique sont le pâturin du Kentucky et la fétuque rouge traçante. En général, le ray-grass vivace n’est pas rustique et mourra au bout de quelques années. Toutefois, il germe rapidement et sert de protecteur pour les espèces permanentes et de couverture rapide.
Dans de bonnes conditions de croissance, les brins d’herbe établis se répandront rapidement (avec des tiges adventices et des stolons) pour garnir les petites surfaces dénudées et élimineront souvent la nécessité de sursemer. Dans des sols plus pauvres, le sursemis se limite à une réparation temporaire.
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